Publié le 21 janvier 2021 Mis à jour le 24 janvier 2021
du 11
au 13 novembre 2021
Campus Berges du Rhône
Responsables : R. ZSCHACHLITZ, J.C. PEREIRA, A. DE LA LLOSA, B. KLAAS, S. HERNANDEZ

AXES : « Genre » / « Lettres, Langues et Cultures à l’Époque de l’Anthropocène » 
 
Suite à plusieurs séminaires des axes Genre et Développement durable (thématique antérieure du laboratoire : le déplacement), aujourd’hui « la limite / les limites » (aboutissements, frontières, déconstruction des mythes et des représentations), nous souhaitons avancer dans une perspective dialectique de confrontations des pouvoirs et des sur-représentations. Des regards croisés et décentrés entre les pays européens, entre le Sud et le Nord sur la relation genre-Anthropocène devraient créer de nouvelles dynamiques mutuellement enrichissantes.
L’Anthropocène est un « concept de réflexion » (Dürbeck, 2015) qui nous pousse à trouver de nouveaux récits dans les humanités environnementales qui regroupent l’écocritique littéraire et artistique, l’histoire environnementale, la philosophie (éthique environnementale), l’ethnologie, l’anthropologie, la géographie culturelle et l’écologie politique. Dans le texte de quatrième de couverture de son livre Aux racines de l’Anthropocène – Une crise écologique reflet d’une crise de l’homme, Michel Magny constate que, « pour se réconcilier, l’homme doit aussi se réconcilier avec lui-même ». Le nouveau « grand récit » de l’Anthropocène (Larrère, 2018) nous permettra d’analyser cette réconciliation des êtres humains avec eux-mêmes dans une perspective genrée. 
Selon une approche écoféministe, le principal responsable de la destruction de la planète est l’homme et tout particulièrement l’homme blanc rationaliste et capitaliste ; aussi parle-t-on de Capitalocène  ou d’Occidentalocène. Il convient de conjuguer la relation genre-environnement naturel avec une approche du genre marquée par le regard porté sur les inégalités. Ces dernières années, l’action des féminismes communautaires latino-américains a revêtu de nouvelles formes qui incluent notamment la critique des modèles économiques extractifs et leurs relations avec le capitalisme et son patriarcat. Une place sera faite aux ethnoféminicides, qui visent particulièrement des femmes indigènes des communautés rurales de l’Amérique latine, région du monde qui connaît le plus haut taux de meurtres, notamment d’activistes écologistes, à un moment où elles s’affirment en prenant la direction de projets de défense des territoires et des ressources naturelles.
L’introduction de la pensée post-humaniste et des théories post- ou dé-coloniales dans le cadre de l’écologie politique a facilité une ouverture épistémologique tendant à dépasser l’économie politique traditionnelle. Cet intérêt pour les écoféminismes du Sud peut aider à poser le problème d’une différenciation entre une écologie politique féministe propre au Nord et un écoféminisme propre au Sud.

 
Supplément

Les membres de l’unité de recherche « Lettres et civilisations étrangères » (anglicistes, germanistes, hispanistes, italianistes, lusitanistes, scandinavistes) proposent de réfléchir particulièrement à l’articulation entre le genre et l’Anthropocène dans les aires géoculturelles qui les concernent (Afrique, Amériques, Europe). Il convient de conjuguer la relation genre-environnement naturel avec une approche du genre marquée par le regard porté sur les inégalités. On doit alors se demander à quel point les changements de l’environnement naturel affectent davantage les femmes que les hommes dans leur vie quotidienne (maternité, nourriture, eau, traditions) et conditionnent particulièrement leur sensibilité et volonté d’agir ; et ce, plus encore, dans les milieux subalternes et agraires. Dans ce cadre, peut-on s’interroger sur l’existence probable d’un écoféminisme des champs et d’un écoféminisme des villes ?
Ces dernières années, l’action des féminismes communautaires latino-américains a revêtu de nouvelles formes qui incluent notamment la critique des modèles économiques extractifs et leurs relations avec le capitalisme et son patriarcat. L’imputation de l’exploitation des richesses du Sud par le Nord est désormais renforcée par une critique des conséquences de cette exploitation sur les humains et leur environnement naturel. Cet intérêt pour les écoféminismes du Sud peut aider à poser le problème d’une différenciation entre une écologie politique féministe propre au Nord et un écoféminisme propre au Sud. Les regards croisés et décentrés entre la Périphérie et le Centre sur la relation genre-Anthropocène devraient ainsi créer de nouvelles dynamiques mutuellement enrichissantes.

Appel à communication
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Informations pratiques

Date(s)

du 11 au 13 novembre 2021
11-12-13 novembre 2021 (initialement prévu en novembre 2020)

Lieu(x)

Campus Berges du Rhône

MILC
A
Itinéraire vers ce lieu Maison internationale des langues et des cultures (MILC) Maison internationale des langues et des cultures (MILC)
Pôle universitaire des quais 35 rue Raulin
69007 LYON