Mise à jour le 24 janv. 2021
CoordinatriceIngeborg RABENSTEIN-MICHEL

 
Présentation

L’axe Genre est notre groupe le plus dynamique, en productions, en attractivité, au vu d’une part du nombre d’enseignant.es de Lyon 2 ou d’autres établissements qui assistent ou communiquent aux séminaires réguliers sur les deux semestres annuels, et d’autre part, du nombre d’invité.es extérieur.es ou internationaux/ales qui participent aux activités et aux publications.

Colloque « Genre et enfermement : contraintes, dépassements, résistance »

Premier colloque LCE et de l’axe, organisé par Ingeborg Rabenstein-Michel, MCF et Pascale Tollance, Pr, à la MILC du 30 novembre au 2 décembre 2017.
Le comité scientifique a réuni dix spécialistes des études de genre dont 5 appartenant au CNRS, à l’IUF ainsi qu’aux universités étrangères de Berlin (Humboldt), de Barcelone et du Liban (Université libanaise). La conférence inaugurale tenue par Nicole Edelman (MCF Honoraire, Université de Paris Nanterre) a été suivie par 26 communications (universités françaises et étrangères) sélectionnées parmi plus de soixante propositions reçues. Ce programme était complété par un débat sur les questions de genre en France et en Allemagne au Goethe-Institut de Lyon et a réuni un large public non universitaire. 
Ce colloque LCE de l’axe Genre a été l’aboutissement d’une série de rencontres débutées en 2015, très suivies et enrichies par la confrontation de nos pratiques et de nos corpus variés, au niveau de l’équipe. Il nous a permis de mettre en lumière nos nouvelles orientations et de les faire connaître au niveau national et international. Ces réflexions s’inscrivent également dans une dynamique croissante en recherche et en formation sur le Genre dans notre établissement (politique scientifique de Lyon 2).

Ouvrage

Les actes du colloque sont parus en décembre 2018 dans la collection Textures (n° 23, 302 p.), direction : Ingeborg Rabenstein-Michel, Valérie Favre, Jorge Medel Bao. La publication en ligne est en préparation.

Si depuis de nombreuses années, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie et la philosophie sont les domaines de prédilection des études de genre, il est de plus en plus fréquent que les spécialistes d’autres champs disciplinaires des sciences humaines s’emparent de la question et confrontent contextes social, politique et culturel, productions discursives et créations esthétiques et littéraires aux questions de genre. En situant la notion entre contrainte, soumission, résistance, déconstruction et/ou dépassement, il s’agit dans ce volume de s’interroger tout particulièrement sur la construction/déconstruction des identités et des normes individuelles et collectives. Par ailleurs, si l’intemporelle et universelle question de l’enfermement se pose à chaque époque et à toutes les sociétés, elle est aussi au cœur de nombreuses expressions artistiques. Elle est alors souvent liée à la représentation de la violence et de la domination (claustration, prison, espace concentrationnaire, asile, hôpital, etc.) La question de l’enfermement est ici articulée avec celle du genre, et porte aussi bien sur les féminités que sur les masculinités et sur les subjectivités queer, la question du genre étant posée dans sa dimension sociale et interrelationnelle, et dans une perspective intersectionnelle. Les travaux présentés adoptent une perspective à la fois transculturelle et transversale, interrogeant les espaces et les individu·e·s sous contrainte, dans la dynamique extérieur/intérieur, de la façon la plus concrète à la plus symbolique.
Agenda
COLLOQUE LCE : « Ni la terre ni les femmes ne sont des territoires de conquête ». Le genre à l’époque de l’Anthropocène.
MILC, Lyon : 11-12-13 novembre 2021 (initialement prévu en novembre 2020)
Responsables : R. ZSCHACHLITZ, J.C. PEREIRA, A. DE LA LLOSA, B. KLAAS, S. HERNANDEZ
Axes de LCE : « Genre » / « Lettres, Langues et Cultures à l’Époque de l’Anthropocène » 
  • Suite à plusieurs séminaires des axes Genre et Développement durable (thématique antérieure du laboratoire : le déplacement), aujourd’hui « la limite / les limites » (aboutissements, frontières, déconstruction des mythes et des représentations), nous souhaitons avancer dans une perspective dialectique de confrontations des pouvoirs et des sur-représentations. Des regards croisés et décentrés entre les pays européens, entre le Sud et le Nord sur la relation genre-Anthropocène devraient créer de nouvelles dynamiques mutuellement enrichissantes.
     
  • L’Anthropocène est un « concept de réflexion » (Dürbeck, 2015) qui nous pousse à trouver de nouveaux récits dans les humanités environnementales qui regroupent l’écocritique littéraire et artistique, l’histoire environnementale, la philosophie (éthique environnementale), l’ethnologie, l’anthropologie, la géographie culturelle et l’écologie politique. Dans le texte de quatrième de couverture de son livre Aux racines de l’Anthropocène – Une crise écologique reflet d’une crise de l’homme, Michel Magny constate que, « pour se réconcilier, l’homme doit aussi se réconcilier avec lui-même ». Le nouveau « grand récit » de l’Anthropocène (Larrère, 2018) nous permettra d’analyser cette réconciliation des êtres humains avec eux-mêmes dans une perspective genrée. 
     
  • Selon une approche écoféministe, le principal responsable de la destruction de la planète est l’homme et tout particulièrement l’homme blanc rationaliste et capitaliste ; aussi parle-t-on de Capitalocène  ou d’Occidentalocène. Il convient de conjuguer la relation genre-environnement naturel avec une approche du genre marquée par le regard porté sur les inégalités. Ces dernières années, l’action des féminismes communautaires latino-américains a revêtu de nouvelles formes qui incluent notamment la critique des modèles économiques extractifs et leurs relations avec le capitalisme et son patriarcat. Une place sera faite aux ethnoféminicides, qui visent particulièrement des femmes indigènes des communautés rurales de l’Amérique latine, région du monde qui connaît le plus haut taux de meurtres, notamment d’activistes écologistes, à un moment où elles s’affirment en prenant la direction de projets de défense des territoires et des ressources naturelles.
    L’introduction de la pensée post-humaniste et des théories post- ou dé-coloniales dans le cadre de l’écologie politique a facilité une ouverture épistémologique tendant à dépasser l’économie politique traditionnelle. Cet intérêt pour les écoféminismes du Sud peut aider à poser le problème d’une différenciation entre une écologie politique féministe propre au Nord et un écoféminisme propre au Sud. 
Supplément
  • Les membres de l’unité de recherche « Lettres et civilisations étrangères » (anglicistes, germanistes, hispanistes, italianistes, lusitanistes, scandinavistes) proposent de réfléchir particulièrement à l’articulation entre le genre et l’Anthropocène dans les aires géoculturelles qui les concernent (Afrique, Amériques, Europe). Il convient de conjuguer la relation genre-environnement naturel avec une approche du genre marquée par le regard porté sur les inégalités. On doit alors se demander à quel point les changements de l’environnement naturel affectent davantage les femmes que les hommes dans leur vie quotidienne (maternité, nourriture, eau, traditions) et conditionnent particulièrement leur sensibilité et volonté d’agir ; et ce, plus encore, dans les milieux subalternes et agraires. Dans ce cadre, peut-on s’interroger sur l’existence probable d’un écoféminisme des champs et d’un écoféminisme des villes ?
     
  • Ces dernières années, l’action des féminismes communautaires latino-américains a revêtu de nouvelles formes qui incluent notamment la critique des modèles économiques extractifs et leurs relations avec le capitalisme et son patriarcat. L’imputation de l’exploitation des richesses du Sud par le Nord est désormais renforcée par une critique des conséquences de cette exploitation sur les humains et leur environnement naturel. Cet intérêt pour les écoféminismes du Sud peut aider à poser le problème d’une différenciation entre une écologie politique féministe propre au Nord et un écoféminisme propre au Sud. Les regards croisés et décentrés entre la Périphérie et le Centre sur la relation genre-Anthropocène devraient ainsi créer de nouvelles dynamiques mutuellement enrichissantes.
Archives
Dans la perspective de la poursuite du travail du groupe « Axe genre », deux colloques et une nouvelle orientation de la recherche sont prévus. Le colloque commun des deux axes actuels « Genre » et « Développement durable » est programmé pour fin 2020, et représentera l’aboutissement de l’approche genre et environnement menée depuis 2018.
 
  • 2 colloques : « Genre et Anthropocène » (2020) et « Genre et travail » (2022)
  • Nouvelle orientation du séminaire vers « Genre et travail » à partir de fin 2020.
Genre et travail
À partir de 2020, le groupe s’intéressera à la thématique du genre en lien avec le monde du travail, sujet éminemment politique et idéologique. Le travail divise les hommes politiques et les sexes : « Le travail […] est un levier essentiel de la domination. Mais, si l’émancipation des femmes a connu des succès […], c’est aussi grâce au travail. […] // […] La sortie des femmes de l’espace domestique et leur entrée dans ‘l’industrie publique’ […] est une étape indispensable en direction de leur émancipation. Indispensable, mais non suffisante. Car leur entrée ‘dans l’industrie publique’ s’effectue dans le cadre de rapports de classe et de rapports de sexe dans lesquels elles se retrouvent doublement en situation dominée », écrit Roland Pfefferkorn (Genre et rapports sociaux de sexe, 3e éd., Paris/Lausanne, Syllepse/Page deux, 2016, p. 119-120). Et ce dernier ajoute : « Et c’est […] dans la mobilisation, en un mot dans la lutte, individuelle et surtout collective, autour du travail, mais pas exclusivement, que peut se conquérir l’émancipation. » (ibid., p. 121). Avec l’industrialisation et l’accès croissant des filles à l’instruction, la présence de plus en plus importante dans le monde du travail des femmes aux côtés des hommes tend à bouleverser l’ordre du genre.

D’autres facteurs favorisent l’émergence des femmes dans le monde du travail et leur accès au salariat, comme l’immigration ou l’installation en milieu urbain ou rural, qui permettent d’échapper à la traditionnelle division sexuelle du travail. Cf. Danièle Kergoat (2006), in Margaret Maruani dir., Femmes, genre et société – L’état des savoirs). Le salariat contribue à l’émancipation de la femme, qui échappe de plus en plus au monde du travail traditionnel ; son autonomie économique est l’une des grandes conquêtes féminines du XXe siècle (cf. Margaret Maruani dir. (2006), Sciences Humaines, hors-série spécial n° 4, nov.-déc. 2005).

Les inégalités entre les sexes persistent néanmoins dans le monde du travail ; les femmes ont d’ailleurs mené des grèves dès le XIXe siècle, témoignant ainsi d’une conscience de classe et d’une conscience de sexe. Il va sans dire que cette irruption de la femme sur le marché du travail entraîne une reconfiguration des rôles masculins et féminins dans la sphère professionnelle, mais aussi dans la sphère domestique et, plus globalement, dans la sphère publique, laquelle reconfiguration mérite d’être étudiée dans une perspective pluridisciplinaire et historique.
 
Les points suivants, entre autres, pourraient être traités
  • facteurs favorisant l’accès des femmes au monde du travail ;
  • évolution des rôles masculins et féminins dans le monde du travail ;
  • nouveaux métiers pour les femmes et féminisation des noms de métiers ;
  • travail, mobilité et genre ;
  • la superwoman : modèle émancipateur ou contre-modèle ? ;
  • relations de travail et rapport hiérarchique entre les sexes ;
  • relation au travail différenciée selon les sexes ?
  • conflits sociaux féminins ;
  • travail et redéfinition de la masculinité ;
  • LGBT et travail ;
  • représentation du travail masculin ou féminin dans les arts ;
  • le travail dans le discours politique ou médiatique ;
  • le travail dans le discours syndical ou patronal ;
  • droit du travail et genre.
Historique

La création du sous-groupe LCE « Axe genre » a été annoncée lors de la campagne d’évaluation HCERES 2014/2015. Ce nouvel axe s’est ouvert aux spécialistes de la littérature et du cinéma, aux historiens et aux sociologues ainsi qu’aux linguistes qui s’intéressent aux relations entre individu et société à travers le concept de genre (« gender studies »). La focale est dirigée sur l’asymétrie (Fraisse) persistante entre féminin et masculin dans nos sociétés actuelles où, pour citer Bourdieu (La domination masculine, 1998), le premier continue de devoir se positionner par rapport au second malgré des évolutions législatives significatives. L’axe genre s’est proposé d’explorer cette dialectique du déplacement (des conventions, de l’identité, des normes…) qui reflète, dans et par les champs de la littérature, du cinéma, de la rhétorique officielle etc., les profonds changements de société souvent vécus comme une perte des repères menaçant l’ordre établi. Le concept de genre permet ainsi d’éclairer dans une perspective transdisciplinaire s’inscrivant dans la ligne des recherches féministes (Bellotti, Perrot, Irigaray, Héritier, Butler, etc.) les identités marginales, transgressives et considérées comme dérangeantes, et leur résistance ou soumission à la norme imposée. Des collaborations ont été envisagées avec les universités Lyon 3 (IETT), Lyon 1 (Groupe GEM – « Genre-Égalité-Mixité » – qui centre ses recherches sur l’enseignement primaire) et Lyon 2 (« Louise Labé »).

Le groupe a commencé son travail dès la rentrée 2015 et se réunit depuis au rythme de 5 séances par année universitaire sous la direction d’Ingeborg Rabenstein-Michel, MCF classe exceptionnelle. Actuellement, « l’Axe genre » compte 25 membres titulaires et associés, rattachés à l’Université Lumière Lyon 2 mais aussi aux universités Claude Bernard Lyon 1, Jean Moulin Lyon 3, Jean Monnet St. Etienne, Chambéry (Savoie Mont-blanc) et Limoges. L’unité de recherche se caractérise donc par une forte volonté d’interdisciplinarité et d’inter-universitarité, avec l’objectif de fédérer des travaux jusque-là souvent épars. Elle se compose de six PR, un MCF/HDR, six MCF, trois doctorant.e.s, cinq docteur.e.s, deux PRAG, une professeure agrégée ainsi que de la lectrice d’allemand (dernière arrivée en septembre 2018). Les disciplines représentées sont les langues (anglicistes, germanistes, hispanistes, italianistes, lusistes), l’histoire, la sociologie et la psychologie, le spectre chronologique allant du Moyen Âge à l’époque contemporaine.

Il convient de souligner l’implication de l’équipe dans les vingt-trois séances tenues entre octobre 2015 et février 2019 (annexes) et le nombre d’invité.e.s qui y ont pris la parole (annexes). L’axe genre donne par ailleurs régulièrement l’occasion à des doctorant.e.s, membres ou non de l’axe, de présenter et de discuter l’avancée de leurs recherches en cours.

Le colloque LCE de l’axe genre (2017) a été le point culminant de ces travaux (cf. chapitre « Faits marquants », rapport HCERES 2019-20), suivi rapidement de la publication des actes dans notre collectionTextures. Un deuxième colloque, cette fois commun à deux axes de LCE (genre et développement durable), est en préparation pour le deuxième semestre 2020. L’appel à communication pour cette manifestation (titre provisoire « Genre et nature ») est en en cours de rédaction. A souligner, les liens de la thématique avec des formations de l’Université Lumière Lyon 2 (ne sont pas mentionnées ici les formations dans les universités autres) : Enseignements d’ouverture sur le genre (jusqu’en 2016, arrêt des E.O.) ; Master EGALES ; MEEF/questions professionnelles (Égalité filles-garçons). Le lien interne avec le Centre Louise Labé (Université Lumière Lyon 2) a été interrompu par la fermeture du centre qui est actuellement en phase de réactivation par la gouvernance de l’établissement qui a fait des études de genre un des points forts de sa politique de recherche.

Notons deux journées d’étude bilingue, en portugais et en espagnol : « Stéréotypes de genre et identités sexuelles dans le monde lusophone : de l’acceptation à la contestation », du 27 novembre 2018 à Bron (IUT), organisée par JC Pereira (HDR), avec le soutien financier de l’Institut Camões de Lisbonne, de l’Université Fédérale du Paraná (Curitiba – Brésil), de l’Université de São Paulo et de l’Université Nouvelle de Lisbonne. Liée au groupe de recherche travaillant sur les questions de genre, cette journée avait notamment pour but de renforcer la coopération dans le domaine des études sur le monde lusophone entre l’université de Lyon 2 et l’Université Fédérale du Parana et l’Université Nouvelle de Lisbonne. La publication des actes est engagée pour 2019, aux Éditions des Archives Contemporaines de Paris. La journée d'étude organisée par le MCF stagiaire Jordi Medel Bao, « Kitsch, Cursi, Camp : Constructions culturelles transnationales en Amérique Latine », le 9 novembre 2018 à la MILC, en co-partenariat avec l’UBO (Brest), a rassemblé des spécialistes français, espagnols (Université de Las Palmas) et latino-américains.