Publié le 2 juin 2026 Mis à jour le 2 juin 2026
du 19
au 20 octobre 2026
Campus Berges du Rhône
Proposition de communication à envoyer avant le 30/06

Partant d’un point de vue transnational, interculturel, plurilingue et interdisciplinaire, ce colloque entend étudier et comparer les politiques de disparition d’enfants telles qu’elles ont été pratiquées dans le monde tout au long des XXe et XXIe siècles, dans le cadre de l’oppression coloniale comme des répressions politiques et sociales.

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Les exemples de ces mesures coercitives abondent dans diverses aires géopolitiques : les enfants migrants d’origines britannique, irlandaise et maltaise institutionnalisés au Canada, en Australie, en Aotearoa Nouvelle Zélande et en Rhodésie (désormais Zimbabwe) ; les enfants autochtones violentés dans les écoles résidentielles au Canada ; les Générations Volées en Australie ; les enfants indigènes enlevés à leurs parents et leurs communautés en Europe (Groenland) ; les pratiques magdaléennes* appliquées dans le monde entier, qui souvent consistent à séparer de force les mères célibataires de leurs nouveau-nés pour procéder à des adoptions dites fermées, c'est-à-dire qui empêchent tout recours juridique dans le temps ; l’architecture carcérale française exilant les enfants pour les discipliner ; les enfants des Républicains espagnols « donnés » (vendus) à des familles de militaires ou de policiers suppôts du régime franquiste ; les « fils du vent » d’origine portugaise et les enfants de dissidents au régime de Salazar, séparés des leurs ; les enfants des « disparu.e.s » dans les pays du Cône sud et des pays limitrophes, en Amérique du Sud ; les enfants qui sont sujets d’enlèvements systémiques et sont endoctrinés en temps de guerre (i.e. guerres coloniales en Afrique), et ceux victimes de répression ou de nouvelles normes politiques et idéologiques.

Des activistes, des journalistes et des historiens et historiennes ont rendu public ces problèmes sociaux, refusant de condamner à l’oubli des millions d’enfances volées et falsifiées. Au cours de ces dernières décennies, atteignant un public plus large, de nombreuses productions artistiques et littéraires ont révélé les infractions faites aux droits humains des enfants.
Le colloque interrogera donc le statut donné aux enfants et à leurs droits, dans divers pays, époques, cultures et régimes politiques. Les traumas culturels provoqués par l’effacement systémique de générations entières issues de communautés visées seront analysés. L’héritage que ces traumas génèrent seront également étudiés ainsi que les formes de compensations et de réparations mises en place – ou qui devraient l’être. 
Parallèlement, voire antérieurement, les juristes se sont emparés du sujet, interrogeant les droits des enfants et leur statut sociétal à l’échelle nationale et internationale. En représentant les politiques de disparition d’enfants et leurs conséquences, les arts et les lettres ont, à la fois, donné à connaître le sujet en le rendant public, et interrogé la possibilité d’ouvrir/d’offrir une forme de justice restaurative pour les victimes et les survivants.
Le colloque, s’inscrivant dans l’axe de recherche Mémoires développé à LCE, s’attachera à interroger 
♦ les mémoires compensatrices et restauratives ;
♦ les processus de violence coloniale qui perdurent ;
♦ l’effacement des héritages culturels autochtones ;
♦ les processus de domestication et d’oppression sociale ;
♦ les modes de dénonciation ;
♦ ainsi que la réification des enfants et par là-même des femmes, dans le cadre des études juridiques, historiques, anthropologiques, sociologiques, et littéraires-artistiques. 
 

Les panels

Les propositions indiqueront le panel auquel leur sujet prétend se rattacher et spécifieront ce choix dans le résumé de la communication :
Table 1 : Magdalénisme, eugénisme et colonialisme
Table 2 : Programmes de migrations forcées d’enfants
Table 3 : Génocides culturels d’enfants autochtones
Table 4 : Enfants kidnappés en temps de guerre
Table 5 : Adoptions illégales, forcées, et/ou fermées : un marché lucratif et politique ?
Table 6 : Les Commissions de Vérité et Réconciliation : la disparition systématique d’enfants peut être réparée ?
 
Invitée d’honneur : Fiona Samuel, réalisatrice de films néo-zélandaise (Piece of My Heart, Bliss – the Beginning of Katherine Mansfield, Consent – the Louise Nicholas Story, Pike River) et récipiendaire du Prix Katherine Mansfield 2026

Les modalités

Les propositions doivent comporter un résumé de communication (250-300 mots) accompagné d’une brève biographie (100 mots) et être adressées au Comité d’organisation : marine.berthiot@universityofgalway.ie, e.gilani@univ-lyon2.fr, m.schaeverbeke@univ-lyon2.fr, et alvar.delallosa@univ-lyon2.fr pour le 30 juin 2026 inclus, qui informera de la sélection des propositions retenues d’ici la fin juin 2026.

 
* Pratiquées dans plus de 60 pays, le Magdalénisme (du personnage de Marie Madeleine ou Marie de Magdala, dans la Bible) est une structure qui opprime, réprime et censure la féminité, les droits des femmes sur leurs propres corps, et l’accès des femmes dans la sphère publique. Cela affecte également les enfants des Magdaléennes qui, pour beaucoup, ont été institutionnalisés et réprimés dans leur développement personnel et leurs droits sociaux, du berceau à la prison. 

Informations pratiques

Lieu(x)

Campus Berges du Rhône

Amphithéâtre de la MILC (Maison internationale des langues et des cultures) 35 rue Raulin - Lyon 7e
A
Itinéraire vers ce lieu Maison internationale des langues et des cultures (MILC) Maison internationale des langues et des cultures (MILC)
Pôle universitaire des quais 35 rue Raulin
69007 LYON

Partenaires

Comité d’organisation : 
Marine Berthiot, Ella Gilani, Marie Schaeverbeke et Alvar De La Llosa 

Organisation : Laboratoire « Littératures et Civilisations Etrangères » (LCE), Université Lumière Lyon 2

Comité scientifique :
- Membres du Conseil du laboratoire de recherche LCE, Université Lumière Lyon 2 : Laurence GuillonSandra HernandezAxel NesmeJoao PereiraPascale TollanceMichèle Vignaux et Victoria Famin ;
- Rie Croll, Memorial University, Newfoundland (Ca.) ;
- David Niget, Université d’Angers ;
- Ana Mancho de l'Université de Zaragoza ;
- Maria Auxiliadora Pérez Vides, Universidad de Huelva ;
- María Antonia Solans-García, Université de Zaragoza.
Laboratoire LCE - Lettres et civilisations étrangères